Le réseau cyclable de demain

La Wallonie Picarde définit son réseau cyclable structurant à l'horizon 2040 : les grands axes qui relieront entre elles les 23 communes de la Wallonie picarde, vers les gares, les écoles et les lieux de vie et de travail. L'étude est menée depuis janvier 2026 avec les communes, les services régionaux et les associations. La consultation en ligne ouvre cette étape au grand public.

La démarche

Qu'est-ce que le Réseau Cyclable Structurant ? 

 

C'est la vision, à une quinzaine d'années, des liaisons cyclables qui relieront les pôles du territoire : centres-villes, gares, écoles, zones d'activité, équipements. Son objet n'est pas la promenade mais le déplacement du quotidien : aller au travail, à l'école, à la gare, faire ses courses. Il s'agit de concentrer les efforts sur un nombre limité de liaisons pour offrir une véritable alternative à la voiture.

Le réseau se compose de deux niveaux : 

  • Les cyclostrades en forment l'épine dorsale : des liaisons à haut niveau de service, largement en site propre, entre les zones à fort potentiel de déplacement.
  • Les liaisons cyclables supra-locales fonctionnelles constituent le maillage qui relie les polarités du territoire, sur voirie existante ou chemin réservé.

Un troisième niveau existe, mais ne relève pas de cette étude : les liaisons de desserte locale, à l'intérieur des communes, dont la définition reste à leur appréciation.

Le réseau ne se construit pas sur une page blanche. Le RAVeL, avec ses 1 550 kilomètres aménagés, le réseau des points-nœuds, les schémas cyclables communaux et supra-communaux existants sont autant d'acquis que le réseau structurant vise à mobiliser et articuler entre eux.

Quels sont les objectifs de la démarche ? 

 

La démarche met en œuvre le décret « politique cyclable » du 24 novembre 2022, la vision FAST 2030 et la Stratégie régionale de mobilité. Ces textes fixent un cap chiffré : faire passer la part du vélo de 1 à 5 % des déplacements quotidiens, et celle de la voiture de 83 à 60 %, entre 2017 et 2030.

Atteindre ce cap suppose de savoir précisément où investir. L'étude poursuit donc trois objectifs successifs : 

  • Définir les tracés : établir, liaison par liaison, l'itinéraire précis du futur réseau, qu'il emprunte une voirie régionale ou communale, un chemin existant ou un aménagement à créer.
  • Identifier les interventions nécessaires : déterminer ce qu'il faut faire sur chaque portion pour la rendre praticable et sûre ; aménagement cyclable, mais aussi mesures de circulation réduisant le trafic automobile et les vitesses.
  • Prioriser : établir par quoi commencer et comment inscrire ces interventions dans la programmation budgétaire de la Région et des communes.

L'étude produit enfin une base de données géographique fiable du réseau, facile à mettre à jour : condition pour que la vision de 2040 se traduise en véritables chantiers d’interventions plutôt qu'en carte oubliée.

Qui la porte ?

La démarche est conduite par le Service public de Wallonie Mobilité et Infrastructures, et plus précisément par la Direction de la Planification de la Mobilité et de l’Intermodalité, qui dirige l'étude et assure le lien avec les autorités locales et supra-locales. Le bureau d'études Transamo a été désigné pour l'accompagner.

Deux instances encadrent le travail : 

  • Un comité de pilotage réunit le SPW MI (Direction de la Planification de la Mobilité et de l’Intermodalité, Direction des Routes et districts), les intercommunales, le Cabinet du Ministre de la Mobilité et le bureau d'études. Il définit les orientations, valide les livrables et prend les décisions nécessaires à la conduite de la mission.
  • Un comité d'accompagnement rassemble les acteurs du territoire : les représentants (un élu et un technicien) des communes, les administrations régionales en charge de l'environnement, du territoire et de l'agriculture, la Province de Hainaut, les groupes d'action locale, les parcs naturels, les maisons du tourisme, la SNCB, Infrabel et LETEC, ainsi que les associations d'usagers. Il apporte l'expertise de terrain, contribue à l'élaboration des documents et prépare les décisions de validation du comité de pilotage.

Le réseau empruntant des voiries des deux niveaux, le financement se partage : le SPW MI prend en charge les travaux et l'entretien sur voirie régionale, la commune sur sa propre voirie, avec l'appui des mécanismes de soutien régionaux. Pour les cyclostrades, la Région peut intervenir jusqu'à 100 % de l'investissement et de l'entretien.

Quelle place pour la consultation ?

 

La carte soumise à votre avis n'est pas une esquisse initiale : il s'agit de la deuxième version d'un réseau élaboré par étapes depuis janvier 2026.

Un diagnostic a d'abord objectivé les déplacements du territoire : leurs origines, leurs destinations et leur volume. Il a conduit à l'établissement d'un schéma d'intention, validé en comité d'accompagnement en avril 2026, qui ne fixe pas de tracés mais répond à une question préalable : quels pôles faut-il relier, et avec quel potentiel ? Ce schéma a ensuite été traduit en itinéraires concrets à l'occasion d'échanges avec chacune des communes concernées, aboutissant à une première version du réseau (V1). Celle-ci a été soumise à trois ateliers de terrain réunissant élus, techniciens et représentants d'usagers, qui l'ont amendée secteur par secteur. C'est le résultat de ce travail, la deuxième version (V2), qui vous est aujourd'hui présenté.

Une expertise y fait encore défaut, que tous les acteurs associés ne détiennent par forcément : celle des trajets réellement parcourus au quotidien. Tel est l'objet de cette consultation, seule étape de la démarche totalement ouverte à l'ensemble des habitants.

Chaque contribution est lue, localisée et analysée commune par commune. L'ensemble alimentera la version suivante du réseau, examinée avec les communes concernées.

Toute proposition ne pourra pas être retenue : chacune fera l'objet d'une analyse de faisabilité technique et financière susceptible de conduire à son intégration à court, moyen ou long terme ou à son écartement. En revanche, aucune ne sera ignorée et toute feront l’objet d’une analyse approfondie.